vendredi 21 octobre 2011

Ladyboy

Les anges sont comme des animaux captifs arrachés à la forêt, comme des poissons en bocal subtilisés à la mer, ils tombent malades dès qu'on les éloignent de la douceur des nuages. Des milliers de ces oiseaux tombent du ciel au dessus de Bangkok, les ailes brûlées par quelque malédiction, les sens paniqués de découvrir dans le monde urbain et ses bassesses un enfer aussi proche. Dans la ville apocalyptique, ils côtoient les humains, les cafards et les rats, évitent la lumière, souvenir douloureux, et pleurent vers le ciel ,quand il s'assombrit, d'être condamné à vivre au dessous de la pluie. Ce n'est que la nuit, dans des quartiers infâmes, que l'on voit ces âmes en peine, ces lambeaux de volonté que la solitude a déchiré, animer sans espoir des enveloppes parfaites, des corps dont la beauté trahit leurs origines. Les anges sont émotifs, ce sont des humains sans carapaces, des cœurs à vif qui ne supportent que la chaleur et les caresses. Un sourire sincère vous les attache à jamais, un regard insolent les fait fuir pour toujours, égratignant un peu plus leur cœur blessé d'ange, rendant leur réalité plus éthérée à la manières des fées qui disparaissent dès que notre croyance en elles faiblit.
Et leurs compagnons d'exil, les hommes à la cruauté insouciante, les moquent d'avoir voulu, dans un excès d'orgueil, battre des ailes plus haut qu'on leur avait permis, découvrir les merveilles des strates défendues, conduire leur destinée comme s'il la possédait. Les autres hommes, à la morale tranchante, eux ne pardonnent pas qu'on puisse dire sans cligner des yeux que les anges ont un jour tenté de tuer Dieu.
La liberté paye chaque jour en mille humiliations le courage de ces anges pionniers qui, comme les anciens marins, ont, contre toutes les recommandations de leurs contemporains, accompli l'impossible et permis l'interdit et sont revenus parmi les leurs expier leur imprudence. Car l'ange et l'étrange ne sont qu'un même souffrance: celle d'un étranger qu'on ne voit pas, celle d'un monstre qu'on ne respecte pas. Et dans les quartiers indigents de Bangkok, dans l'obscurité réconfortante, des anges qu'on prend pour des monstres vendent de l'amour au rabais aux moins regardants et continuent de mourir de honte.

samedi 24 septembre 2011

Pompe mon oseille mais suce mes groseilles.

Y'a un coin à Hong Kong qui s'appelle LKF et qui consiste en trois pâtés de maisons de bars branchés où le prix de la bière défie toutes les lois économiques. Les rues sont toujours bourrées d'une population décadente qui tient à peu près debout avant deux heures et qui s'accroche aux murs passée cette limite. Comme les clubs vomissent sans cesse leurs clients sur la route, tout ce joyeux monde finit par former une masse bigarrée et mouvante, criarde et bruyante, insupportable quoi. On a vite fait de se sentir très seul et reprendre une bière ne fait pas repartir l'illusion aussi bien que ça vous conduit à gerber votre macdo entre un rat mort et une poubelle dans une ruelle abandonnée par la fête.
LKF, c'est le terrain de chasse des occidentaux en chemise à rayure bien rentrée dans le futal, le lieu où tous les gros porcs égocentriques du monde entier viennent assouvir leurs besoins d'amour. Car l'endroit est une sorte de grand marché à ciel ouvert qui regorge d'autochtones bien apprêtés, redoublant d'audace et de coups de ciseaux pour rendre leur jupes plus courtes, et de lycéennes craintives qui ont fait le mur pour venir voir à quoi ressemble le monde des grands. Personne n'est déçu: les jeunes vierges rentrent toutes émoustillées par l'indécence du spectacle, leurs ainées, dont les sens plus affutés flairent le fric à 30 km, font un détour par l'hôtel au bras du premier barbu qui aura eu le culot de leur foutre une main au cul. Et Hong Kong peut se satisfaire d'avoir la plus grosse densité de connards avinés au monde, devant les meetings de Sarah Pallin.
Mais plus on monte la rue, plus les bouteille de Moët viennent remplacer les stickers Bacardi et plus les clubs sont épurés et les fringues des filles aussi. On a pas marché 10 minutes que les petites chinoises trapues et mal badigeonné du début on cédé la place à des façades plus propres, parées en Dior, pochette LV tenue à bout de doigts manucurés. C'est dans les environs que se planque le Fly, le club nec-plus-ultra qui renverse tout le système néo-colonialiste malsain de LKF. Des chinois pétés de tunes et un peu flambeurs se prélassent à des tables où brillent des bouteilles de champagne à des prix indécents. Et autour de ces pachas s'affaire la plus grande concentration de top-modèles occidentales de cette putain de ville, un défilé aberrant de jeunes beautés de 1m90 qui minaudent devant des huiles de 15 ans leurs ainés. Et savoir qu'à 10 000 km des soirées de Longchamp et Bagatelle, on retrouve les mêmes putes à fric qui sucent les boules des mêmes gens friqués, ça me fait sentir un peu chez moi.

L'armée des clones

Jordan, fais un blog où tu tailles les chintwix, ça va être de sacrés barres. Évidemment qu'on va se marrer, sur ce terrain là, les chinois font consensus devant les belges et les somaliens, on dirait que le monde entier s'est mis d'accord pour se foutre de leur gueule. En même temps, personne ne contestera qu'ils méritent toutes les quenelles qu'on leur fourre: entre les petits regards condescendants, les combines de renard, les coups fourrés qui se planquent derrière les discours mielleux et les courbettes, ça fait belle lurette qu'ils ont fini de légitimer l'acharnement gratuit et les vengeances mesquines dont ils sont la cible consentante. Ils ferment systématiquement leurs gueules les chinetoques, ils encaissent chaque humiliation en vous regardant silencieusement l'air de dire: "De toute façon, fais le prince tant que tu peux, dans 10 ans c'est toi qui viendra me bouffer dans la main". Et après la bonne claque que vous lui avez mis dans la tronche, il retourne tranquillement chez lui et il bosse dix fois plus que d'habitude avec la volonté d'un chien enragé qui s'acharne sur une bête tombée entre ses pattes. Et au moment où vous l'avez vu prendre sa gifle et partir sans faire une seule vague, sans protester une demi-seconde, vous avez su tous les deux que votre temps était compté. Vous avez su qu'il savait et lui savait que vous saviez et il aurait mieux fait de se garder son petit sourire insolent, ça lui aurait évité de s'en prendre une deuxième. Bref les chinetoques énervent tout le monde, parce que quoi que vous fassiez, ils trouveront toujours un moyen de le faire mieux et pour moins cher, parce que tous les sacrifices que vous êtes prêts à consentir pèsent queudale à coté de ce qu'ils sont prêts à subir pour réussir, sans en plus jamais avoir l'impression d'avoir une vie de merde. Vous êtes assis dans un amphi frigorifique, vous faite le plus gros efforts de concentration de votre vie pour écouter pendant vingt minutes d'affilé une espèce de pourriture capitaliste qu'aurait échangé ses darons contres des bons rémunérés à 5% sur deux ans, vous parvenez presque à comprendre comment on nique l'économie réelle d'un pays pour se payer un centième de piscine dans une résidence chic hong-kongaise, quand vos deux putains d'yeux ont le malheur de tomber sur le cahier propret de votre saleté de voisin bridé. Il a tout noté depuis que le prof a foutu le nez dans l'amphi cet enfoiré, il a consigné le moindre exemple, les résultats au centième près et  pas de doutes il refera une centaine de fois chaque exercice pendant les cinq heures de bibli qu'il s'est consciencieusement programmé après le cours, cinq heures que vous passerez à trainer des pieds pour rentrer chez vous, à dormir et à bouffer des mnm's devant des vidéos youtube où des abrutis se foutent des pétards dans le cul.
Tombe pas dans le piège mon gars, vous êtes pas du même monde. Son père à ciré les pompes des contremaitres pendant 20 ans pour faire 2 heures de plus par jour, s'il a pas un A+, il va finir dans les cuisines du macdo largué par sa famille, où alors le corps en miette et la tête écrabouillée contre la passerelle de LG7 s'il trouve le cran de se lancer du black mushroom. Toi tu te branles deux fois par jour, trois le lundi et le mercredi où faut compter ton cours de photographie, et tu comptes bien maintenir le rythme jusqu'à tes prochaines vacances en Malaisie. Pour lui t'es qu'une saleté de parasite et toi il t'inspire autant de sympathie qu'un mixeur.